PELOTE BASQUE – “L’EMAK-HOR” de Saint-Pée-sur Nivelle

Une pépinière de joueurs de mains nues !!!

Tous ceux qui ont suivi les événements sportifs de la Pelote Basque depuis la guerre, ont remarqué certainement la place qu’occupe l’Emak-Hor de St-Pée dans toutes les compétitions. Surtout depuis 3 ans, l’Emak-Hor se trouve aux plus hauts échelons des compétitions, soit en trinquet, soit en place libre et son tableau de chasse est fort enviable. Plus que les succès que ses joueurs ont glanés à travers tout le Pays Basque, ce que nous admirons à l’Emak-Hor, c’est l’empressement avec lequel ce club très méritant s’engage dans toutes les compétitions organisées été comme hiver. Il nous a semblé que cet effort envers la “main nue” méritait d’être souligné, à l’heure même où certains détracteurs viennent de contrarier ce magnifique effort de formation de jeunes pour des raisons extra-sportives. Notre rôle de reporter de la pelote Basque nous conduit à révéler aux lecteurs, l’activité de l’Emak-Hor, comme nous l’avons fait pour la n’izbait et la Kamboko Izarra, sans compromission, ni parti-pris.

Archives_Pilota_1

Un club bien modeste…

Le mot club semble bien prétentieux pour l’Emak-Hor, si ce mot évoque une société aux multiples et somptueux locaux, aux adhérents porteurs d’insignes multicolores. L’Emak-Hor n’a pas les “reins solides” comme on dit chez nous, ni de mécène. N’empêche qu’on le trouve à toutes les finales ou demi-finales, ce qui prouve que la vitalité d’un club ne se mesure pas au nombre de sociétaires, ni à la renommée de ses dirigeants, ni aux articles insérés dans les journaux.

Voyez plutôt la flamme qui l’anime, le but qu’il se propose, l’esprit dans lequel il travaille. De ce côté-là, l’Emak-Hor peut servir de modèle. Son travail obscur a fait des champions et, ce qui est plus précieux encore, de cet ensemble, il a fait une famille. Les récents évènements l’ont montré.

Archives_Pilota_2

Un tableau de chasse

Pour un club si modeste et si jeune, l’Emak-Hor a un palmarès élogieux, et qui n’a pas fini de s’enrichir, vu la jeunesse de ses joueurs. Depuis trois ans, l’Emak-Hor a remporté 10 coupes et 29 médailles. Il n’est pas de compétition réservée aux jeunes qui ne soit à son tableau : Coupe des Espoirs, Cadets, Juniors et Seniors en Union Basque, etc. Et la collection n’est pas finie pour cette année où les juniors Iratzoqui et Borda ont décroché le titre si envié de juniors en trinquet. Il est probable qu’en Coupe Damestoy, par exemple, les minimes Grégoire Sein et Louis Iratzoqui remporteront la finale pour laquelle ils sont déjà qualifiés et par quels scores : 40_20, 40_13, etc. ! Sans parler de la coupe des Espoirs où les deux équipes de l’Emak-Hor sont en demi-finale. Malheureusement, ils devront se rencontrer en frères ennemis, suivant un règlement assez bizarre. Mais l’équipe restante saura mettre toute science en jeu pour faire triompher les couleurs de l’Emak-Hor.

 

Quelle pépinière !

Des joueurs, il en sort toujours de nouveaux à St-Pée-sur-Nivelle. Il est vrai qu’il y a plusieurs familles où l’on joue à la pelote de père en fils, où la pelote est une tradition familiale. Jusqu’à ces dernières années, on connaissait la famille Audet : depuis Martin, le professionnel, trop tôt retiré, jusqu’à Léon le blond en passant par Joseph et Michel toujours là dès qu’il s’agit de remplacer un frère défaillant. Quoi d’étonnant à cela quand on sait que le père fut en son temps un grand joueur de place libre, et que le petit fronton d’Ibarron, à deux pas d’Audetenia, est le lieu de récréation des frères Audet. L’aîné, ailleurs. Nous savons qu’il fait preuve de la même conscience et du même dévouement au service des jeunes pilotaris de l’Emak-Hor.

Après les Audets, voici les Iratzoqui (un nom déjà ancien dans le domaine de la pelote) et il n’est pas facile de les distinguer tant ils sont nombreux : l’aîné, actuel-champion de France (juniors) en place libre avec Gelos d’Ascain en 1948. Martin (19 ans) joue actuellement parmi les professionnels et tente de dépasser les performances de son frère aîné. Après Martin, viennent Pierre (17 ans), Michel (15 ans) et Louis (14 ans), tous trois en finale de la coupe Damestoy. Il n’est pas interdit de penser que dans quelques années, on pourra monter un cartel en trinquet rien qu’avec des Iratzoqui.

Enfin, un autre nom de pilotari revient à la mémoire après une brillante carrière trop tôt arrêtée : celle de Beñat Sein, le parfait arrière. Son fils Grégoire a l’air de vouloir faire honneur à la famille et pour ses débuts, en coupe Damestoy, il fait bien présager de son avenir de pilotari. Le père n’est-il pas là pour conseiller et le guider ?

La liste des espoirs n’est terminée : Borda, Bonnet, deux noms déjà connus, champions cadets en 1952, une équipe qu’il serait regrettable de voir dissociée ! Borda vient de conquérir le titre de cadet, en trinquet, avec Martin Iratzoqui et a opéré une fois de plus avec la malice et le sang froid d’un vieux renard du trinquet.

Après toute cette liste, nous savons que tous ne sont pas nommés. Que les Berouet, Zamora et autres nous pardonnent : qu’ils prennent leur part des justes éloges que nous adressons à l’Emak-Hor.

 

De la bonne besogne

Il se fait de la bonne besogne à l’Emak-Hor en faveur de la main nue, non pas en racolant tous les joueur des environs, mais en formant des jeunes, en créant une véritable émulation parmi les jeunes du village. Ce qu’Hasparren fait pour le petit chistera, St-Pée le fait pour la main nue. Depuis 4 années, de nouveaux joueurs sortent chaque année de ce que nous pourrions appeler “l’école de la pelote” de St-Pée dont le trinquet d’Amotz est le centre. Les professeurs ne manquent pas non plus et si, à l’heure des triomphes, Léon Audet est justement fier de ses poulains, c’est qu’il y trouve la récompense de longues heures d’entraînement qu’il leur a donné.

Les jeunes pilotaris de St-Pée sont bien encadrés par les Sein, Audet, Mendionde, Béhastéguy, Borda, etc. C’est-à-dire tout ce que St-Pée compte de compétence en matière de pelote : il n’est pas étonnant qu’une telle équipe de maîtres connaisse de nombreux succès. L’Emak-Hor est sur la bonne voie, la seule qui puisse remédier à la pénurie de joueurs. Que ceux qui gémissent continuellement sur la décadence de la main nue imitent l’Emak-Hor et nous serons heureux d’applaudir à leurs efforts.